novembre 16, 2018

Afrique : Les eaux du fleuve congo attirent les convoitises des pays du sahara

Les acteurs  de la société civile environnementale ont appelé les autorités congolaises de la RDC de se prononcer et de donner la position du pays sur le transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad au 1er sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la commission climat du Bassin du Congo qui se tiendra du 27 au 29 avril prochain à Brazzaville.

Selon un compte rendu de cette rencontre reçu samedi à l’ACP, cet appel a été lancé, au cours de l’audience que la conseillère principale du Chef de l’État en matière des Affaires foncières et environnement, Marie France Mubenga a accordé aux membres de la délégation de la société civile environnementale.

Cette réaction est consécutive au constat selon lequel la RDC n’a pas été reprise dans l’agenda des assises de Brazzaville, alors qu’elle regorge un important potentiel en ressources en eau et qu’elle détient deux tiers des tourbières sur son territoire en réponse  à l’action du climat face au réchauffement de la planète.

 Le transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad, ont-ils estimé, est une question d’intérêt national qui doit impliquer toute la population congolaise.

Les délégués de la société civile environnementale ont voulu savoir, à cette audience, le niveau d’implication de la RDC dans ce grand projet ambitieux aux conséquences néfastes sur l’environnement, les forêts et les tourbières.

Ces conséquences, note la source, concernent également la biodiversité, l’hydrographie, le barrage d’Inga, les ports de Matadi et de Boma, le projet de port en construction à Banana ainsi que la vie de la population congolaise.

Ce transfèrement,  considéré à ce jour par certains pays demandeurs d’eau comme vital, pourrait être réalisé même sans l’aval ou le consentement de la RDC, alerte la société civile environnementale.

La RDC n’a jamais donné son accord sur un quelconque transfèrement depuis l’ancien régime, ont déclaré les délégués de la société civile environnementale qui ont reconnu que quelques informations ont été échangées sur les réalités de ce projet.

Selon ces acteurs environnementaux, «le  Fonds bleu crée par le Congo Brazzaville serait un tremplin pour faire passer ce transfèrement des eaux du Fleuve Congo vers le lac Tchad dont l’ensablement est fonction des constructions sur le lit du lac et des canalisations créées pour pomper l’eau vers d’autres pays au départ du lac même».

Selon le document, les délégués ont été informés du travail réalisé par la Présidence de la République de la RDC ayant mis en place un task-force qui scrute tous les contours,  analyse ou étudie toutes les réalités en vue de préparer une position nationale.

La société civile environnementale qui a bien accueilli cette initiative a été invitée à se joindre à ce groupe pour apporter sa contribution à l’élaboration de cette position nationale  face à ce projet de transfèrement qui date depuis 1970 et rebondit de temps à autre.

La délégation de la société civile environnementale  a été conduite par Joseph Bobia de l’ONG Bureau de veille et de gouvernance des ressources naturelles.

ACP/Hautpanel