décembre 19, 2018

La RDC exige de l’UE le retrait de ses sanctions à l’encontre de certaines personnalités politiques - ACP

Le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et intégration régionale, Léonard She Okitundu, a exigé de l’Union Européenne le retrait de ses mesures restrictives unilatérales à l’encontre de certaines personnalités politiques congolaises, dont Emmanuel Ramazani Shadary, candidat  du Front Commun pour le Congo à l’Election présidentielle, dans son adresse vendredi à Kinshasa au corps diplomatique accrédité en RDC vendredi.

Ces mesures, selon le chef de la diplomatie congolaise, privent le candidat du Ramazani Shadary de sa liberté fondamentale de se mouvoir pour expliquer aux partenaires extérieurs la pertinence de sa vision, avant d’indiquer que cette privation de sa liberté d’aller et venir peut être à dessein exploitée négativement par ses adversaires.

Selon lui, la RDC a, «à faire ni plus ni moins à un cas fragrant d’ingérence inacceptable dans le processus électoral Congolaise de la part de l’Union Européenne». Léonard She Okitundu a fait saloir que dans l’hypothèse où l’Union Européenne demeurait insensible à la demande Congolaise soutenue par l’Union Africaine et les organisations sous régionales africaines habilitées, cela compromettrait dangereusement les relations de partenariat entre deux parties.

Des mesures foncièrement politiques

Le chef de la diplomatie congolaise  a indiqué que le gouvernement de la République a rappelé à plusieurs reprises que ces mesures étaient non judiciaires mais foncièrement politiques, partant de cela elles revêtaient un caractère manifestement arbitraire dans la mesure où elles s’écartaient des principes élémentaires régissant les Etats de droit en particulier, le droit fondamental d’être entendu et le droit à la présomption d’innocence «Peut-on imaginer un seul instant que, réunis en Conseil Exécutif de l’Union Africaine à Addis-Abeba, les ministres africains puissent prendre des mesures restrictives à l’encontre de leurs homologues européens avec qui ils siègent valablement lors des Sommets Conjoints Afrique-Europe?» , s’est interrogé Léonard She Okitundu, avant de souligner que visiblement le moins que l’on puisse en retenir c’est que ces mesures punitives de l’Union Européenne dénotent une posture de supériorité surannée aux antipodes du partenariat coopératif et de respect mutuel entre l’Afrique et l’Europe.

Des sanctions sur base des mémorandums des ONGS

Le vice-Premier ministre a déploré que les faits allégués à l’appui de ces mesures restrictives ressortent de rapports et mémorandums d’organisations non gouvernementales, des médias et des associations dont la crédibilité ne s’impose pas nécessairement et sans que l’Union Européenne ne les aient soumis à une procédure rigoureuse de vérification.

Il a noté que ces mesures proviennent d’une organisation supranationale qu’est l’Union Européenne, membre du Conseil de l’Europe, lui-même à l’origine de la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui se définit comme le parangon mondial de la défense des libertés fondamentales. En outre, a-t-il dit, ces recours sont intentés contre ces mesures tant au plan judiciaire auprès du tribunal de Luxembourg qu’au plan politique auprès du Conseil Européen semblent chimérique depuis décembre 2016 dans la mesure où ils demeurent à ce jour sans suite partant lettres mortes.

Pour lui, sur le plan diplomatique tant avec le plus haut niveau de la direction de la politique étrangère de l’Union Européenne qu’en bilatérales avec les pays membres, nous avons fait des efforts de dialogue pour obtenir la levée de ces mesures qui constituent désormais un handicap dans nos relations.

La  communication  du vice-Premier ministre a porté sur les relations entre la RDC et UE suite à des mesures restrictives du 12 décembre 2016 et du 29 mai 2017, prises par le Conseil de l’Union Européenne  à l’encontre de 16 personnalités Congolaises. Les ministres des Affaires Etrangères de l’UE qui ont pris ces mesures, à deux reprises, les ont justifiées par le fait que ces personnalités auraient commis «des actes faisant obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique en vue de la tenue d’élections en RDC», a-t-il dit